22.6.08

Les collectivistes sont des crapules

L’homme qui est prêt à servir de moyen aux fins d’autrui considèrera nécessairement les autres comme des moyens pour ses fins. Plus il est névrosé ou consciencieux dans la pratique de l’altruisme, plus il tendra à imaginer des projets « pour le bien de l’humanité », de la « société », du « public », des « générations futures » ou de n’importe quoi sauf des êtres humains réels eux-mêmes.

D’où la consternante insouciance avec laquelle les hommes proposent, discutent et acceptent des projets « humanitaires » qui devront être imposés par des moyens politiques, c’est-à-dire par la force, à un nombre illimité d’êtres humains. Si, d’après les caricatures collectivistes, les riches avides s’adonnent au luxe et à ses extravagances sous le prétexte que « le prix n’a pas d’importance », alors le « progrès social » apporté par les mentalités collectivistes d’aujourd’hui consiste à s’adonner à la planification politique altruiste, selon le principe que « les êtres humains n’ont pas d’importance ».

Le trait caractéristique de telles mentalités est le plaidoyer en faveur d’un objectif public à grande échelle, sans considération du contexte, des coûts ou des moyens. Hors contexte, un tel objectif peut généralement être présenté comme désirable ; il doit être public parce que les coûts n’ont pas à être produits mais résultent de l’expropriation ; et une épaisse nappe de brouillard doit ensevelir la question des moyens, parce que les moyens sont des vies humaines.

Le système américain d’assistance sociale en matière de santé (Medicare) est un exemple d’un tel projet. « N’est-il pas désirable que les personnes âgées reçoivent des soins médicaux lorsqu’elles sont malades ? » clament ses défenseurs. Considérée hors contexte, la réponse est affirmative. Qui aurait des raisons de dire non ? Et c’est ici que s’interrompt la réflexion d’un esprit collectiviste ; la suite n’est que brouillard. Seul le désir compte pour lui : « C’est bien, n’est-ce pas ? Ce n’est pas pour moi, c’est pour les autres, le public ; pour ceux qui souffrent et sont délaissés ». Le brouillard cache des faits tels que l’asservissement de la médecine et, en conséquence, sa destruction, l’embrigadement et la désintégration de la pratique médicale et le sacrifice de l’intégrité professionnelle, de la liberté, de la carrière, de l’ambition, des réalisations, du bonheur, de la vie de ceux-là même qui doivent faire en sorte d’atteindre cet objectif si « désirable », les médecins.

Après des siècles de civilisation, la plupart des hommes, à l’exception des criminels, ont appris que l’attitude mentale décrite ci-dessus n’est ni pratique ni morale dans la conduite de leur vie privée et qu’elle ne peut servir à l’atteinte de leurs objectifs privés. En fait, le truand privé jouit d’une légère supériorité morale : il n’a pas le pouvoir de dévaster une nation entière, et ses victimes ne sont pas légalement désarmées.
Ayn Rand, l’Ethique collectivisée, The objectivist newsletter, janvier 1963.
Le but moral de la vie d’un homme est l’accomplissement de son propre bonheur. Cela ne signifie pas qu’il soit indifférent à autrui, que la vie humaine n’ait aucune valeur pour lui et qu’il n’a aucune raison d’aider les autres en cas d’urgence. Mais cela signifie qu’il ne subordonne pas sa vie au bien-être d’autrui, qu’il ne se sacrifie pas à leurs besoins, que le soulagement de leurs souffrances n’est pas sa préoccupation première, que toute aide qu’il apporte est une exception et non la règle, un acte de générosité, non un devoir moral, quelque chose de marginal et d’incident, comme le sont les désastres dans le cours de l’existence humaine ; et que les valeurs, pas les désastres, sont le but, la préoccupation première et le pouvoir motivant de sa vie.
Ayn Rand, l’Ethique des urgences, The objectivist newsletter, février 1963.

3 commentaires:

Anonyme a dit...

Merci, Laure, d'avoir cité Ayn Rand. Elle est devenue depuis 3 ans mon écrivain et surtout mon philosophe préféré.
Si seulement j'avais pu lire des textes comme ceux-là quand j'avais 20 ans!
Ma vie en aurait certainement été changée..., pour le mieux!

Raymonde

georges lane a dit...

Et pour ceux qui comprennent l'anglais ou qui désirent ou sont en train d'apprendre à parler anglais :
http://www.youtube.com/watch?v=Zc7oZ9yWqO4

En allant à cette adresse, vous aurez des enregistrements et interviews d'Ayn Rand soi-même.

Laure Allibert a dit...

Merci à vous !

Ces extraits éaient tirés de La Vertu d'égoïsme.